Au mépris de sa renommée

commenter 17 août 2014 09:28am benide

J’ai vu le soleil bas, taché d’horreurs mystiques
Rimbaud. Le bateau ivre

icones et gangnam style  title=

L’île d’Aphrodite se devait d’être escale obligée du poète. Mais c’est avec ses mains qu’il a laissé une trace dans les contreforts du mont Troodos, briques de terre et dalles de pierres en lieu et place de mots. Ainsi le poète français a construit en 1880 une maison pour le gouverneur britannique de Chypre - là où une plaque à la précision aléatoire s’offre aujourd’hui comme maigre souvenir : « Arthur Rimbaud […] au mépris de sa renommée, contribua de ses propres mains à la construction de cette maison ».

Carrefour, creuset, bouillon de culture et de cultures de la contradiction et du paradoxe, Chypre nous surprend : au coin d’une rue touristique un trou dans la roche s’avère tombeau sacré, une martyre juive, Salomone, est vénérée comme sainte - Agia Solomoni - par les orthodoxes à Paphos. ; dans Omodos, un village perché où le temps s’est -en apparence -arrêté, une échoppe fait dialoguer (ou chanter ensemble?) dans ses rayons, des icônes traditionnels peints à la main et une figurine rembourrée de Psy, le chanteur coréen de « Gangnam style ». Comme si Rimbaud, toujours en avance sur son temps, avait amené dans ses valises le virus du Surréalisme, le disséminant dans l’île des chevaliers de Saint-Jean.

Light

commenter 14 novembre 2012 09:23pm benide

graffitti à VeniseUn fantasme (ou le fantôme d’un fantasme) parcourt le monde : le fantasme du génie light. Qui nous rend tous intelligents, osé(e)s, libéré(e)s et ô combien dans le vent (ou, pour être cohérents, dans la brise). Celui, le vent, de la nouvelle tendance diététique, cette demande d’une littérature (et une pensée) avec 0% de matière grasse. Une littérature de viande hachée, car « les gens », nous dit-on, ne veulent pas d’une nourriture qui sollicite la force des mâchoires et les sucs de la digestion (alors ils parlent d’une œuvre « indigeste » quand ça ne s’avale pas comme de la purée et ne se digère pas comme du riz blanc – et d’un « chef d’œuvre » quand ça glisse tout seul, sans encombre, de la bouche à l’anus). Pas de brut de fût s’ il vous plaît - plutôt un whisky bien dilué, si possible avec des glaçons –et pourquoi pas avec du coca. Dicker et James : une même –et unique –nuance de gris. Et le nom de l’étoile est ennui.

Oublis et dépendences

commenter 17 février 2012 08:36am benide

boueeUne amie, amie depuis 25 ans, a oublié mon anniversaire. Mais tu ne l’as pas mis sur Facebook! s’exclama-t-elle quelques jours après, entre justification et reproche. Combien de gens ont confié leur mémoire, la gestion de leur vie, à cette plateforme propriétaire, sur le point d’entrer en bourse, qui les infantilise en les “sociabilisant”? Un jeune geek a réussi (lui et son “business dream team”) a obtenir gracieusement des gens ce que des états, totalitaires ou pas (mais quel état ne l’est pas - un peu, beaucoup, à la folie?) se sont évertués à obtenir pendant des décennies, voire des siècles, par ruse ou par force. Il a réussi à tresser une corde avec les fils réunis de leurs égos - et, après leur avoir ôté les vêtements, les a attachés avec cette même corde face à la Montagne de Sucre qu’ils lèchent sans arrêt, la ’sucrant’ un peu plus à chaque frottement de langue.

Su(rv)ivre

commenter 13 août 2011 08:58am benide

E-meutes, Réseaux asociaux, Cultuer

« -Ouvaton, chef ?
-A Niou London
 »
(salutation rituelle). Will Self, Le livre de Dave

pixel ardentIl semblerait que l’internet haut débit ait dépassé -et de loin – la vitesse de la pensée. Chemins virtuels ouverts à la juste colère – ou à la colère tout juste – doigts qui tapotent : aussi rapides que l’éclair, aussi brillants qu’une allumette. Prophètes d’une terre promise au pillage « venez et achetez sans argent » (Isaïe 55.1), car tout cela vous a été interdit, ergo donné . Lire la suite de cet article »

trAnsPARENCES

commenter 26 février 2011 10:13am benide

Zamiatine, Faceleaks, Andersen

apparnce rienCelui qui ne voyait pas sur les épaules du roi le manteau de brocart et pierreries n’était pas enfant de parents honnêtes. Et il était, de surcroit, imbécile. Alors ils voyaient tous l’étoffe rare, l’éclat des pierres. Et ils s’écriaient, en chœur : quelle beauté, quel métier, quel ouvrage! Car ils aimaient tous leurs parents – et s’aimaient encore davantage eux-mêmes. Les escrocs, eux, ont cher vendu leur vent. Lire la suite de cet article »

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